Samedi 10 mars 2007
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L'ancien pompier risque de se retrouver à la rue
Blessé en mission, un pompier bréhalais a attendu des années pour que son invalidité soit reconnue. Un collectif va l'aider à garder sa maison.
Depuis près de dix ans, Jean-Pierre Brunelière, 46 ans, ne peut plus travailler. Cet ancien membre des sapeurs-pompiers de Bréhal a été victime d'un accident, le 17 mai 1997, lors d'une intervention sur un pavillon en feu à Donville. Ce soir-là, il fait partie des renforts venus soutenir les hommes de Granville. Une cheminée s'écroule sur Jean-Pierre Brunelière et deux autres sapeurs pompiers.
Blessé, le Bréhalais souffre d'un tassement de vertèbres et de douleurs au dos. Il tentera une première fois de reprendre son travail de miroitier. Trop tôt peut-être... Il doit définitivement s'arrêter pour incapacité physique. Il faudra attendre les résultats de neuf expertises pour qu'il soit reconnu en invalidité suite à une intervention en service commandé, pour l'accident et la rechute. « C'est un dossier complexe, reconnaît Eugène Fontaine, le président du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis). L'assurance du Sdis de l'époque, au regard des premières expertises, avait estimé qu'elle n'était pas engagée. » En clair, l'état de santé du pompier Brunelière n'était peut-être pas lié à l'accident pendant l'intervention. « Au niveau du Sdis, on a fait tout ce qui était possible », assure Eugène Fontaine. « L'union départementale se devait d'épauler les Brunelière. Nous leur avons apporté un soutien moral mais aussi financier. Grâce au fonds de solidarité du Sdis, nous les avons notamment aidés à payer les factures d'électricité et de chauffage, ainsi que leur mutuelle, confirme le major Dominique Sainte-Croix, président de l'union départementale des amicales de pompiers. L'Amicale s'est aussi adressée à la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. »
Bataille d'experts
Pour donner encore un coup de main à l'ancien pompier, un comité de soutien a été créé lundi soir, à Bréhal. « Depuis 10 ans, baladés d'expertises en contre-expertise la victime n'a toujours pas été indemnisée à auteur du préjudice, explique un membre du comité de soutien. Sans ressource suffisante, le pavillon de Jean-Pierre devrait être saisi le 15 mai. Il risque donc de se retrouver à la rue avec son épouse et ses trois enfants encore à charge ».
Ce comité de soutien, composé de civil et de sapeurs-pompiers, entend mener un certain nombre d'actions pour alerter l'opinion publique et essayer de trouver les moyens permettant à la victime et à sa famille de conserver leurs biens. Le collectif a réfléchi aux différentes actions à mener : courrier à adresser aux différentes amicales de sapeurs-pompiers du département, aux élus, aux municipalités, au conseil général, au préfet, aux députés, aux médias nationaux.
« C'est un soutien auquel je ne m'attendais pas, confie Jean-Pierre Brunelière. C'est tout à fait dans l'esprit de solidarité des pompiers volontaires, c'est spontané ». La famille a conservé malgré tout le sens du dévouement puisque la fille de Jean-Pierre Brunelière, Manon, est membre du groupe de jeunes sapeurs-pompiers de Bréhal. Le comité de soutien envisage de demander des dons et un CCP pourrait être ouvert. Un blog est également à la disposition du public à l'adresse suivante : http://collectifjpbruneliere.over-blog.com
Pratique. Collectif de soutien à Jean-Pierre Brunelière, BP 28, 50290 Bréhal.
Ouest-France